Je Suis La Paix

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Que puis-je faire face à la violence du monde, face aux évènements ? Acte terroriste à Paris, provocations parfois choquantes de caricaturistes sans tabou. Je n’ai pas envie de participer aux débats, aux commentaires, pas envie de nourrir un camp face à un autre. Je ressens aussi de la gratitude face aux évènements de Charlie Hebdo. La gratitude d’une opportunité unique, qui m’est offerte, d’aller regarder en moi la graine de terroriste la graine de satyre ou de bouffonne malveillante. Oui, je dis bien la gratitude pour cette opportunité offerte, à cet instant, du choix.

Je traque, au départ, la victime en moi, celle qui se sent blessée, impuissante, sans ressources. Que puis-je faire dans ce monde qui va si mal et qui suis-je pour changer les choses ? L’égo sort toujours du bois le premier, avec ce sentiment d’amour blessé. Il veut se mettre en colère, réagir, donner son avis. Il est agité, dans la peur. Alors, immobile, je l’observe, je l’écoute, je l’accueille, je lui fais une place. Je respire son appel légitime et je l’entends. Je lui souris, je lui parle, je l’apaise « tout va bien n’ai pas peur, je vais bien ». Rassuré, écouté, compris, entendu, l’égo s’apaise enfin…

En moi, dans le silence, ce soir là, égo apaisé, un appel se fait pressant. Un appel puissant, dans le présent. Cet appel que mon âme me crie, que l’essence de mon être exprime est une phrase : Je suis la paix. Je ne suis pas l’autre, même si je suis en interaction avec l’autre. Et la paix qui appelle en moi est le sublime de l’être, ce que nous avons tous en nous, notre part divine, sacrée, intègre. Le grand tout, le rien, le mystère le plus profond, le secret de l’humanité. Et cet endroit de moi qui d’un seul coup appelle, me parle et répète : « Je suis la paix ». Je crois mal entendre dans le silence de mon coeur, non loin du brouhaha des médias. Alors je me mets totalement en silence, au delà des mots, de la conscience, par dessus l’égo, le bruit. Et j’entends la voix intérieure qui inlassablement m’appelle : Je suis la paix. Et dans une fulgurance, je comprends que je suis la paix, à cet endroit là de moi, au plus sacré de cet endroit. La paix est la tranquillité de l’âme, le bonheur du paradis. Et je réalise que cette terre intouchable, ce lieu inatteignable n’est pas un combat mais le terreau fertile de mon âme. Quand j’appelle la paix en moi, elle vient, elle se manifeste, elle se montre, elle m’apaise. Quand la paix m’appelle, est-ce que je l’écoute, est-ce que je l’entend porter son espérance en moi ? Elle cherche à m’habiter mais ma maison est bien pleine : égo blessé, juge intérieur bien occupé, victime isolée. Intéressant, tout ce monde dans ma maison intérieure. Elle est aussi celle du monde, celle de l’humanité trahie, souffrante, terrorisée, apeurée. Alors soudain je laisse tout tomber, mes croyances, mes souffrances, mes discours pour me synchroniser à l’appel intérieur : Je suis la paix. Oui mais il y a des obstacles à la paix me dit l’égo, bien renseigné. Ne t’aventure pas sur ce terrain glissant dit le juge intérieur, seul de grands Hommes y ont accès, comme Mandela, Marthin Luther King ou Jésus, c’étaient des Maitres, des princes de la paix, toi ce n’est pas ton métier, ton combat, ton karma. Ben, justement ce n’est pas un combat la paix, c’est une posture intérieure. Quand je suis mise à nue, quand l’égo, la victime, le juge et tout ce petit monde lâche l’affaire en moi, la paix prend sa place. Il n’y a plus de « MAIS la paix est possible SI ». Il n’y a plus d’obstacles à la paix, il y a seulement la paix, tout de suite, possible dans mon cœur. Si j’attends que toutes les conditions parfaites soient réunies pour être la paix, je ne serais jamais en paix précisément car j’aurai toujours un OUI MAIS. Prenons le cas Mandela, quand il pardonne à ses bourreaux, il ne dit pas qu’il est en paix avec eux si ils font quelque chose ? Non il est en paix. Point. Il pardonne. Point. C’est sans conditions. Point. Et bien, cet appel intérieur de la paix qui me parle et me dit : Je suis la paix, c’est exactement la même chose : une ardoise magique qui efface tout. Là, d’un seul coup, sans conditions, je suis la paix. Pas de négociations, pas de tractation, rien à faire. Je suis la paix. Ou là là, c’est tellement puissant d’un seul coup le pouvoir de la paix dans mon être que j’imagine si on était des millions à jouer à l’ardoise magique. Là, dans notre cœur, sans conditions. Toi, oui toi, essayes un peu : Je suis la paix. Je suis la paix. Je suis la paix. Tu vois là, ce que ça te fait dans le corps, dans le cœur, dans l’âme. Tu comprends le bien que ça te fait comme ça me fait à moi ? Tu comprends comme ça te guéri comme ça me guéri moi aussi. Tu comprends que quand nous sommes tous guéris de nos blessures il arrive un truc dingue : NOUS sommes la paix. Non, non, pas croyable, il doit y avoir un truc, si c’était aussi simple, ça se saurait déjà. Mais ça se sait, seulement personne n’y croit, et surtout personne n’essaye, finalement ça pourrait faire mal de trouver la paix dans son cœur, on pourrait se blesser, avoir peur (enfin surtout faire mal à notre petite triplette infernale qui n’est qu’un : égo/victime/juge). Ca pourrait drôlement déraper, dis donc le monde si chacun s’amusait à jouer à l’ardoise magique dans le silence de son cœur : Je suis la paix. Mais si c’est si simple, pourquoi on ne le fait pas ? Va savoir ! Tu le fais toi ? Alors essayes. Tu as déjà remarqué que les meilleures idées sont souvent les plus simples ? Et bien là, c’est une idée, elle est drôlement simple. « Simpliste » presque diront des égos apeurés cherchant à se raccrocher au mât. Mais quand elle appelle, souvent on ne veut pas l’entendre : trop simple dit l’égo, cette idée, pas le temps, on verra plus tard. On verra quoi ? Un monde en guerre ? Ah oui c’est ça, zut, un monde en guerre… alors qu’avec une idée simple-simpliste, de répondre à l’appel du cœur, on peut éviter ça. Je suis la paix. Quelle drôlerie. C’est une blague. Il faut être dans une secte pour raconter ça. Tu crois ? Ben oui, les dirigeants sont des personnes intelligentes, à haut potentiel. Si il suffisait de faire la paix dans son cœur ils nous l’auraient déjà dit, on aurait eu l’info, dit l’égo. Mais peut être qu’ils n’ont pas eu l’info, dit la paix. Ou peut-être que leur conscience et non pas leur intelligence n’a pas captée l’info, tout simplement. Les pauvres dirigeants, leurs égos prennent tellement de place qu’il est difficile d’entendre les appels de l’intérieur. Je parle de l’intérieur de l’être, pas de leur service de sécurité intérieure !

Tu sais Mandela il a quand même passé 17 ans en prison puis il a passé l’ardoise magique. Je suis la paix. Martin Luther King aussi a refusé que dans son cœur on brouille les pistes et que la colère et la haine se dressent. Je suis la paix. En fait je remarque que les idées simples sont difficiles à mettre en œuvre car elle demandent notre coopération, celle de notre être et souvent l’égo ne veut pas que notre être coopère pour notre mieux être. Ca paraît dingue mais l’égo est un flippé, il vit sous stress permanent. Mais c’est aussi super utile, attention, l’égo est SUPER utile dans plein de situations. Il rend service, permet aussi d’avancer dans la vie, d’éviter le danger. Mais il est ultra stressé et déteste les situations nouvelles qui le font sortir de sa zone de confort (connues) ou qui le font explorer de nouvelles aventures (inconnues). Ca le rend dingue. Donc l’aventure de laisser de la place à son intériorité, de laisser parler la paix, ça clairement, ça le met en boule.

Quand je peux dire : Je suis la paix, il se peut qu’un vent terrible se lève, une tempête. On ne sait pas si ce vent est le souffle puissant de Dieu qui veut répandre la paix en abondance et lave les cœurs ou si c’est la lutte de l’ombre qui cherche à diluer la paix. Peut-être est-ce le combat des deux ? Ce combat je le connais bien, il est en moi, il est nous. Je vois bien en moi que mettre la lumière est un acte volontaire, lorsque ma conscience a accès à ce plan. La misère, la blessure, l’abandon, la violence conduisent des cœurs meurtris aux mêmes cercles vicieux. Seuls quelques résilients pacifistes sortent de l’horreur, éclaboussants d’humanité. Je suis la paix. Etty Hillesum, Victor Franck, Dominique Rankin, Tim Guénard, Rickey Lynn Lewis et tant d’autres. Grands témoins de cette paix trouvée en leurs cœurs, de celle qui efface sans l’oublier, la blessure, pour la transcender, la sublimer, la pacifier. En sommes-nous tous capables, sommes-nous égaux, en conscience, en cette capacité d’être en amour, encore et encore ? Celui qui n’a pas été aimé est-il condamné à haïr et à perpétuer le crime ? N’y a t il point d’issue à la terreur, à l’ombre, à la noirceur ? Comment l’amour de soi peut il se frayer un chemin dans le cœur de celui qui n’a jamais été aimé ? Peut-il contacter en lui Je suis la paix, alors même que cette terre lui est parfaitement inconnue ? Oui, certaines âmes y accèdent, c’est un mystère… Elles ne sont pas leur blessure, elles ne s’identifient pas à leur blessure, elles transcendent la blessure. Blessé, je ne cesserai d’aimer. Pour accéder à cette résilience, je peux contacter l’âme en moi, l’âme intègre, puissante, divine, pure, illuminée. Cette âme que rien ne peut détruire car elle est paix. Oui je sais, toi l’égo incarné, tu n’aimes pas ce charabia car tu es branché sur un pilote automatique au programme si complexe. L’égo est comme le lait sur le feu, prêt à sortir de la casserole à la moindre saute d’humeur. Et au milieu de tout cela, l’observation, la contemplation de ces mots : Je suis la paix. J’essaye pour voir ce que ça lui fait à l’égo. Je m’arrête, je prends 2 mn de silence, là maintenant, je pose tout. Si, si, égo, tout va bien, respire avec moi. Je suis la paix.

2017-11-22T16:32:53+00:00